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Nouvel élément dans l'enquête de Chambéry.

Rédigé par , le 20 January 2014 à 10h03

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Les nourrissons sont décédés au service de néo-natalité du CHU de Chambéry dans le département de la Savoie.

Les nourrissons sont décédés au service de néo-natalité du CHU de Chambéry dans le département de la Savoie.

Les poches de nutrition auraient fait un quatrième mort.

Un quatrième décès serait à lier au drame survenu à Chambéry le mois dernier. Le procureur de la république de Marseille, Brice Robin, poursuit son investigation. Il a signé vendredi dernier un réquisitoire supplétif, permettant d’élargir l’enquête à ce nouveau cas. Trois nourrissons avaient été retrouvés mort dans le service de néo-natalité du CHU de Chambéry en décembre. Les poches de nutrition utilisées quelques heures avant la mort des bébés proviennent du même laboratoire que celle utilisée avant le décès du petit Mattéo en Mars 2013.
Marisol Touraine, la Ministre de la Santé s’est exprimée sur ce point mercredi matin. « Il est trop tôt pour savoir si les causes de la mort de ce bébé sont les mêmes » a-t-elle précisé.

Décédés dans le même hôpital, les quatre nouveau-nés ont tous ingéré des poches de nutriment issues du laboratoire Marette. Néanmoins la ministre a précisé que les lots étaient différents. C’est le Dauphiné Libéré qui, le premier, a révélé ce lien entre les deux affaires après avoir étudié les dossiers médicaux du service de néo-natalité. Pour la Direction Générale de la Santé, il encore trop tôt pour se prononcer. Ils souhaitent laisser l’hôpital de Chambéry mener son investigation en interne, préférant attendre le résultat de « l’enquête de morbimortalité » lancée sur l’ensemble de l’année 2013 qui devrait sortir la semaine prochaine. Seize hôpitaux sont concernés par celle-ci, tous étant fournis par le même laboratoire.

Des interrogations tenaces

Comment une bactérie a pu infecter ces poches de nutrition ? C’est la grande question que tout le monde semble se poser. L’Institut Pasteur vient de publier ses premiers résultats concernant le lot de poches suspectées en décembre, six d’entre elles étaient contaminées par la même bactérie. Cette dernière n’est pas encore connue des services de santé car aucun cas d’infection n’avait été constaté auparavant. « Il s’agit d’une nouvelle espèce d’entérobactérie encore sans nom, proche d’Ewingella et de Rahnella », deux bactéries rares mais dangereuses pour l’homme a indiqué le ministère de la santé. Les entérobactéries rassemblent une centaine d’espèces vivant dans la nature mais aussi dans le tube digestif de l’homme (d’où leur nom). Pas forcément dangereuses, ces bactéries peuvent cependant le devenir. Dans certaines circonstances ces bactéries prolifèrent rapidement.

En cas de contact avec des personnes fragilisées, comme les nourrissons, le système immunitaire ne peut donc pas surmonter l’infection. Ça peut être une éventualité dans cette affaire reprend le Dr François-Xavier Weill, responsable de l’Unité des Bactéries pathogènes entériques de l’Institut Pasteur.

Le laboratoire Mariette a  renoncé pour sa part à tout recours administratif face à la décision de suspension d’activité posée mardi par la ministre de la santé. Me Matthieu Lemaire, avocat du laboratoire, précisait qu’à « ce stade de l’enquête administrative et judiciaire, demeure inconnue l’origine des entérobactéries décelées sur les poches fabriqués ». « Aucune piste ne doit être écartée sur la chaîne des responsabilités, de la fabrication à l’administration desdites poches » a-t-il précisé.
Les investigations suivent donc leur cours, et donneront prochainement on l’espère, des réponses aux parents en deuil.

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L'auteur
Anthony Laforce

Anthony Laforce

Rédacteur en chef

Bio

Anthony Laforce est le créateur du journal d'actualités santé d'Allo-Médecins et son rédacteur en chef actuel. Voir plus

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