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Alerte aux poppers !

Rédigé par , le 10 October 2014 à 16h28

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Les poppers se présentent sous forme de flacons.

Les poppers se présentent sous forme de flacons.

L'Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) met en garde contre les risques liés à l'utilisation des « poppers ». Ces liquides qui s'inhalent pour leur effet euphorisant ont été remis en vente en 2013, contre l'avis de nombreuses agences de santé. 

Les Poppers, qu'est-ce-que c'est ?

Préparations liquides de couleur jaune, présentées dans des fioles de 8 à 30 millilitres, ces substances à inhaler sont de plus en plus prisées chez les jeunes pour leurs propriétés psychoactives.

Apparus à la fin des années 1970, les poppers sont tout d'abord principalement utilisés par les homosexuels pour leurs propriétés relaxantes, notamment lors de relations sexuelles.

Leur action s'explique par la libération de monoxyde d'azote dans l'organisme, entraînant une relaxation des muscles lisses et une vasodilatation importante. Cela s'accompagne d'une euphorie d'apparition rapide (15 secondes) qui dure de 5 à 10 minutes, comme l'explique l'ANSM.

Leur consommation est très souvent associée à de l'alcool ou à d'autres substances psychoactives. En effet, l'utilisation des poppers s'est généralisée, ses propriétés euphorisantes en ayant fait une substance prisée chez les jeunes, chez qui ils sont consommés en groupe et de manière récréative.

Si l'utilisation préconisée consiste à laisser le flacon ouvert pour que les vapeurs se répandent dans une pièce, les utilisateurs préfèrent désormais renifler directement le liquide dans le flacon. Ce qui n'est pas sans risques.

Une pratique à risques qui se généralise

Selon l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (Ofdt), cette substance est la drogue la plus consommée après le cannabis chez les jeunes entre 18 et 25 ans. D'autres études vont dans le même sens. Selon le Baromètre de la santé 2010, 5,3 % des 18-64 ans déclarent en avoir consommé au cours de leur vie alors qu'ils n'étaient que 3,9 % en 2005. Cette généralisation touche notamment les jeunes. En 2011, 7,2 % des 15-16 ans déclaraient en avoir consommé au cours des 30 derniers jours, selon des données recueillies par l'Enquête sur la Santé et les Consommations lors de l'Appel de Préparation à la Défense (ESCAPAD). Les premières consommations se font généralement vers l'âge de 16 ans et plus fréquemment chez les garçons.

Cependant, cette inhalation n'est pas sans risque. L'ANSM révèle ainsi qu'entre 1999 et 2011, sur 940 cas d'expositions, 146 intoxications graves ont été observées, dont 6 se sont soldées par un décès. Depuis, d'autres cas graves d'intoxication et décès, ainsi que d'abus ou de pharmacodépendance ont été rapportés aux différents réseaux de vigilance.

Suite à un changement de législation en 2006, le principal ingrédient des poppers a été modifié (autre type de nitrite). Depuis, le nombre de problèmes visuels répertoriés est en augmentation. L'ANSM a ainsi recensé 34 atteintes oculaires (baisse d'acuité visuelle) sur les 883 cas d'exposition recueillis entre 1999 et 2011.

Outre les atteintes visuelles, les poppers peuvent également entraîner des troubles cardiovasculaires et sanguins, des nausées et vomissements, des troubles psychiques voire une pharmacodépendance.

Une législation laxiste

Dans d'autres pays tels que l'Allemagne ou les États-Unis, la commercialisation des poppers est interdite depuis de nombreuses années. Cependant, durant les 25 dernières années, le Conseil d'État a rejeté plusieurs tentatives d'interdictions en France. En 2009, le Conseil d'État annule ainsi un décret de 2007 qui interdisait la fabrication des nitrites d'alkyle (présents dans les poppers). En 2011, les poppers sont encore interdits par le gouvernement mais en 2013, la vente libre est de nouveau autorisée sur internet et dans les sex-shops. Le Conseil d'État a en effet estimé qu'aucune étude scientifique n'avait permis d'établir que ces produits présentaient un « risque de pharmacodépendance ou d'abus ». Ce qui n'est pas l'avis de l'ANSM et d'autres agences de santé.

Les risques liés à l'utilisation de ces substances étant peu connus, l'ANSM veut donc sensibiliser les professionnels sur les signes d'intoxication, afin de mieux identifier et soigner les patients, potentiellement consommateurs de ces substances. 

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L'auteur
Laure Hanggi

Laure Hanggi

Rédactrice

Bio

Etudiante en histoire passionnée d'actualité en général et notamment des questions de santé moderne, en tant qu'enjeux de société. Voir plus

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