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Récupération Rapide Après Chirurgie : sitôt opéré, sitôt sur pieds

Rédigé par , le 27 juillet 2015 à 11h03

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RRAC : la méthode danoise de Récupération Rapide Après Chirurgie

RRAC : la méthode danoise de Récupération Rapide Après Chirurgie

La chirurgie est un acte peu banal, appréhendé par chaque personne sur le point de « passer sur le billard ». Pourtant, selon le professeur danois Henrik Kehlet, le rituel chirurgical serait une énorme source de stress pour le patient et cela rendrait sa récupération plus lente. Il a donc mis au point une méthode de récupération rapide adoptée depuis les années 1990 par de nombreux médecins qui ont pu observer une nette amélioration sur l’état post-chirurgical de leurs patients.

Une méthode danoise pour récupérer plus vite après une chirurgie

M.B, est un patient quinquagénaire qui vient tout juste de subir une opération lourde : la pose d’une prothèse totale de la hanche. Deux heures après être passé entre les mains des chirurgiens, M.B est debout sans canne ni béquille. Ce résultat prometteur est dû à une méthode danoise du docteur Henrik Kehlet, qui consiste en une récupération rapide après chirurgie. Peu connue et peu adoptée en France, la méthode RRAC (Récupération Rapide après Chirurgie) ne cache plus ses nombreux bienfaits, qu’ils soient physiques comme économiques.

Deux heures à peine après son intervention, le patient M.B se tient au bout de son lit en short, tee-shirt et tennis aux pieds. Encore « un peu ensuqué » par l’anesthésie, comme le précise le Dr Moulay Méziane, ce quinquagénaire vient de se faire opérer d’une prothèse de hanche totale à la clinique Claude-Bernard d’Ermont dans la région parisienne. Après quelques questions posées par le chirurgien, M.B affirme se sentir bien et attendre la visite du kiné afin de pouvoir rentrer chez lui. Pour les deux infirmiers prenant en charge le patient, cette nouvelle méthode est une petite révolution : « Il y a encore quelques années, après une prothèse de hanche, le patient se levait au bout de dix jours, maintenant c’est deux heures ».

Dédiaboliser l’acte chirurgical

La récupération rapide se fait en position verticale et incite le patient à devenir « acteur de sa guérison » comme le précise le Dr Karem Slim, président de l’association GRACE (Groupe francophone de réhabilitation améliorée) et chirurgien au CHU de Clermont-Ferrand. Le docteur Slim applique cette méthode depuis 2007 et affirme que le patient se sent moins agressé donc moins « immuno déprimé ». Si le patient se sent bien, il se remet plus facilement de son opération et présente moins de complications.

Appliquée dès la fin des années 1990 dans de nombreux pays scandinaves, la méthode danoise autorise le patient à manger six heures avant le début de la chirurgie et à boire deux heures avant. L’anesthésie est également plus légère et le chirurgien évite la pose de perfusions et de sondes au maximum. La plupart du temps, les médecins appliquent la RRAC pour des chirurgies et des hospitalisations lourdes et longues comme la pose d’une prothèse ou l’ablation partielle d’un organe comme la vessie ou le colon.

Depuis que la RRAC est appliquée à la clinique Claude-Bernard, la durée d’hospitalisation moyenne pour une prothèse de hanche est passée de 7 jours en fin 2013 à 4.5 jours fin 2014. « Une fois que l’on a vu les résultats, on ne peut pas revenir en arrière » témoigne Véronique Faujour, membre du département stratégie aux Hospices civils de Lyon (HCL). La réduction du temps de séjour et des complications apporte de nombreuses économies pour le système de santé, 200 000 euros d’économies ont été observés aux HCL grâce à la fameuse méthode.

Les résultats de la RRAC sont si engageants que la Haute autorité de Santé est actuellement en train de réaliser un état des lieux en France comme à l’étranger afin de « souligner l’hétérogénéité des pratiques, d’où la nécessité d’évaluation ». Attendus au printemps 2016, les résultats de cette étude sont attendus avec impatience par les partisans de la méthode : « Il faut que la législation et la nomenclature évoluent, pour encourager les bonnes pratiques » souligne le Dr Karem Slim.

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L'auteur
Charlotte Canonne

Charlotte Canonne

Rédactrice

Bio

Passionnée de journalisme et de littérature Charlotte a rejoint le journal d'Allo-Médecins en janvier 2015.Voir plus

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