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Le recours inapproprié aux urgences, un débat sans fin

Rédigé par , le 13 novembre 2019 à 15h24

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Urgences et recours inappropriés.

Urgences et recours inappropriés.

Dans son rapport annuel publié le mois de février dernier, la Cour des comptes a pointé du doigt le recours inapproprié aux urgences par les Français. Ainsi, 20 % des malades de ces services ne devraient pas les fréquenter. Or, il est difficile d’identifier les vraies des fausses urgences.

Concilier les contraintes économiques et les intérêts des patients

La crise des urgences en France n’est pas prête de prendre fin. Pour preuve, le nombre des services en grève continue d’augmenter depuis le mois de mars. Outre la hausse des salaires, les grévistes réclament plus d’effectifs et des moyens supplémentaires. À ce jour, les mesures prises et les promesses faites par le gouvernement n’ont ni convaincu ni apaisé.

Pourtant, l’enjeu est de taille. De 1990 à 2019, les passages aux urgences ont enregistré une hausse de 200 %, passant de 7 millions à 21 millions chaque année. Environ un tiers d’entre eux sont évitables. Réduire le nombre des fréquentations des urgences permettrait de réaliser des économies non négligeables sur l’ONDAM ou Objectif national des dépenses d’assurance maladie.

Si le recours inapproprié aux urgences est un fait avéré, le problème n’est pas aussi simple. De nombreuses études internationales s’accordent à dire que beaucoup de cas aux urgences auraient pu être gérés par un médecin généraliste. Néanmoins, il est de plus en plus difficile de trouver un praticien libéral disponible en dehors des horaires d’ouverture classiques.

Arrêter de culpabiliser les patients avec des appréciations à posteriori

En France, la détermination d’un recours inapproprié aux urgences se fait grâce à la CCMU ou Classification clinique des malades aux urgences. Elle comprend une échelle variant de 1, pour état stable sans nécessité d’actes diagnostics ou thérapeutiques complémentaires par les services d’urgence, à 5, pour les urgences vitales. Elle n’est établie par l’urgentiste qu’à la fin de la prise en charge.

Il s’agit d’une appréciation à posteriori de la situation du malade, et non de son ressenti. Une analyse basée sur cette méthode, réalisée en 2013 par la DREES, a ainsi conclu que 43 % des passages aux urgences sont inappropriés. Un fait réfuté par le Dr Diane Naouri, doctorante en économie de la santé à l’Université de Paris-Saclay.

En utilisant trois méthodes d’évaluation différentes, la chercheuse est arrivée à des taux allant de 13 à 27 % de recours inappropriés aux urgences. Lorsque les trois mesures sont croisées, la concordance n’est que de 6 %. Elle préfère parler d’alternative possible pour satisfaire une demande de soins que du concept de recours inapproprié.

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