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Maladies mentales, des idées fausses fortement ancrées

Rédigé par , le 10 June 2016 à 12h10

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Les malades mentaux violents : un préjugé tenace relayé à tort par les médias

Les malades mentaux violents : un préjugé tenace relayé à tort par les médias

Un sondage réalisé par la fondation FondaMental en 2014 a révélé qu’un Français sur deux a un proche souffrant de maladies psychiatriques. Pourtant, les idées fausses sur ces maladies sont encore fortement ancrées en France. Près de 45% de la population pense notamment que les malades mentaux constituent un danger. 

Une part de responsabilité des médias dans les préjugés

De nos jours, de nombreuses idées fausses sur les maladies psychiatriques persistent encore dans la société parmi lesquelles l’association des malades mentaux à des actes de violence. Pourtant, aucune preuve scientifique ne lie le diagnostic d’une maladie mentale au passage à l’acte violent. De même, moins de 1% des crimes sont commis par des individus souffrant de troubles de santé mentale.

Si de tels préjugés existent toujours à notre époque, les médias ont une part de responsabilité importante. Selon une étude américaine publiée dans la revue Health Affairs, 55% des sujets sur les maladies psychiatriques traitées par onze grands médias américains entre 1995 et 2014 sont axés sur des faits de violence.

Autres constats marquants de cette étude concernent leurs contributions dans la diffusion de messages optimistes comme la guérison ou l’efficacité des thérapies. Uniquement 14% des articles et des reportages diffusés y prêtent attention. De même, 47% portent sur les pistes thérapeutiques. En France, le Pr Marion Leboyer du CHU Henri-Mondor à Créteil déplore la difficulté à lever des fonds sur ces sujets.

Malades mentaux, plutôt des victimes que des agresseurs

D’après la Haute Autorité de Santé, le pourcentage des individus atteints de troubles mentaux impliqués dans des faits de violence en France en 2011 ne représente que 3 à 5%. Ces cas sont liés à la dépendance ou la consommation abusive d’alcool ou de drogue. Tels sont les résultats d’une audition d’experts sur la dangerosité psychiatrique.

Par ailleurs, cette audition a fait ressortir un constat navrant. Les malades mentaux sont plutôt des victimes de violence que des agresseurs. Ils en subissent 7 à 17 fois plus que les personnes normales. Parmi les violences les plus courantes figurent les maltraitances, les harcèlements et les viols. Celles-ci sont favorisées par leur mise à l’écart de la société.

Afin de mettre fin aux mauvais traitements et aux fausses idées, les scientifiques de l’Institut du Cerveau et de la Moelle ont décidé d’étudier les perceptions négatives du grand public sur les troubles mentaux. Pour combattre un ennemi, il est indispensable de bien le connaître. De leur côté, les associations de malades psychiatriques organisent ce samedi la « Mad Pride ». 

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La Rédaction

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