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Traumatisme : 3 générations impactées par le sperme

Rédigé par , le 26 avril 2014 à 08h35

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Les traumatismes marquent profondément l'individu au point de modifier le fonctionnement de ses cellules.

Les traumatismes marquent profondément l'individu au point de modifier le fonctionnement de ses cellules.

Des chercheurs suisses semblent avoir trouvé comment les traumatismes vécus peuvent se transmettre de génération en génération. Le sperme en serait le support, mais pas l'ADN.

L'ARN, vecteur du traumatisme

Les traumatismes peuvent-ils se transmettre d'une génération à l'autre? C'est la question que se sont posés des chercheurs de l'Institut de recherches cérébrales de l'Université de Zurich. Ils sont partis de l'hypothèse qui fait depuis longtemps débat, selon laquelle les enfants de personnes ayant vécu des traumatismes ont plus de risques d'avoir un comportement dépressif ou schizophrénique du fait de leur héritage génétique.

Les traumatismes, héréditaires? Pour obtenir leur réponse, les scientifiques suisses ne se sont pas contentés de s'intéresser uniquement à l'ADN, support de l'information génétique dans les cellules. L'étude, parue dans la revue scientifique Nature Neuroscience, évoque une piste sensiblement différente qui expliquerait cette transmission : les micros ARN (pour acide ribonucléique).

Très polyvalents, ces acides nucléiques se chargent de récupérer de l'information héréditaire sur l'ADN pour synthétiser ensuite des protéines qui joueront un rôle régulateur dans l'organisme. Lorsque ce dernier se retrouve dans une situation de stress  intense, il produit de lui-même beaucoup plus de micros ARN. Présentes en grand nombre, les molécules d'ARN finissent alors par être stockées avec les spermatozoïdes.

Des souris dépressives, une trasmission à la troisième génération

Il a été observé sur des souris adultes utilisées durant l'étude, que les traumatismes vécus au plus jeune âge impactaient directement le mécanisme de l'expression génique dans le sperme. Ces souris se comportent différemment, elles sont moins vives et semblent être "dépressives". Chose étonnante, ces symptômes ont été retrouvés chez les souriceaux de la seconde génération. N'ayant pas eu à subir de traumatisme eux-mêmes, ils parviennent à l'âge adulte à transmettre à une troisième génération de souris ces symptômes comportementaux. Ces dernières présentent à ce titre des taux d'insuline et de sucre dans le sang plus faibles que la normale.

Groupe de souris de laboratoireAfin de confirmer cette découverte, les scientifiques ont procédé à une comparaison entre souris non traumatisées et des souris choquées (obtenues par plusieurs séparations avec la mère durant l'enfance), les résultats étaient bien différents. Les chercheurs ont par ailleurs introduit des micros ARN prélevés dans le sperme de sujets traumatisés chez des souris saines. Les mêmes "symptômes" se sont alors exprimés.

"Cela signifie que le sperme est très sensible aux conditions environnementales dans les premières années de la vie […] Les traumatismes de l'enfance impactent non seulement le cerveau, mais aussi les cellules du sperme" expliquent les scientifiques. Les expériences traumatisantes ont un impact sur le métabolisme qui s'exprime au moins sur trois générations concluent-ils. Loin en amont, ce sont les hormones de stress qui seraient à l'origine de ce processus chimique moléculaire.

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L'auteur
Alexis Van Wittenberghe

Bio

Alexis Van Wittenberghe est un jeune journaliste qui étudie à l'ISFJ qui s'est spécialisé dans l'actualité de la recherche médicale.Voir plus

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