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Les traitements mal pris provoquent 8 000 morts par an

Rédigé par , le 13 mars 2014 à 16h13

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Le statut de "malade" est difficile à accepter pour l'individu

Le statut de "malade" est difficile à accepter pour l'individu

La fondation Concorde publie un livre blanc sur la non-observance. Ce phénomène, qui consiste à ne pas prendre son traitement à vie régulièrement se développe, et fait plus de 8 000 décès par an. Ce livre blanc a été commandé par Observia, qui compte présenter un état des lieux et des propositions pour limiter ce phénomène. Kevin Dolgin, président d’Observia, nous aide à comprendre pourquoi les patients ne prennent plus leur traitement, et les réponses apportées. 

Seulement la moitié des patients prennent leur traitement correctement. Nous ne parlons pas ici des personnes qui doivent prendre du Humex pendant une semaine, mais des malades à vie. Ce phénomène s’appelle la non-observance et provoque 8000 décès par an environ. Il varie selon les pathologies : par exemple, 75 à 80 % des personnes avec une greffe du cœur prennent correctement leur traitement au bout d’un an, ce qui veut dire q'une personne sur quatre ou cinq ne prend pas bien ses médicaments.

La non-observance coûte 2 milliards d’euros à l’Etat par an

La non-observance coûte deux milliards d’euros par an à l’assurance maladie. De quoi envenimer les débats sur la mise en place de l’assurance maladie conventionnelle. Elle suit le système de la bonne image à l’école. Il s’agirait  alors d’ajuster le remboursement des traitements en fonction de la bonne observance. Une personne qui ne prend que rarement son traitement ne serait plus remboursée tandis qu’une personne assidue bénéficierait d’un remboursement maximum.

C’est ce que préconise la fondation Concorde, un groupe de réflexion fondé en 1997 dans son livre blanc. Il a été commandé par Observia, qui conçoit et développe des actions e-santé d’accompagnement des patients reconnues par les autorités de santé et travaille en collaboration avec tous les professionnels de la santé. Le livre blanc, destiné à être présenté aux autorités sanitaires tente de comprendre le phénomène de la non-observance et de donner des propositions.

70% de la non observance est volontaire

Kevin Dolgin, président d’Observia annonce déjà « Il y a 17 000 hospitalisations par an dues à la mauvaise prise d’antivitamines k (anticoagulants), et 6000 décès, dont 4000 qui seraient à priori inévitables. C’est supérieur aux morts dus aux accidents de la route ». Ces chiffres ne représentant qu’une sorte de médicaments, il s’inquiète pour l’ensemble des pathologies comme l’asthme, les greffes, l’oncologie. Le but de ce livre blanc est selon lui « d’essayer de stimuler les autorités à réfléchir sur ce qu’ils peuvent faire pour favoriser l’observance, dans le modèle des organismes américains ». La France a en effet un retard sur la réflexion à ce sujet.

70% de la non observance est volontaire. « On parle d’oubli mais dans la plupart des cas les gens vont exprès de ne pas prendre leurs médicaments » confie Kevin Dolgin. Cela inclue un véritable changement d’identité, des habitudes lourdes à prendre et à porter. Le président d’Observia affirme alors que « d’une façon générale, le corps médical n’est vraiment pas éduqué pour annoncer la maladie et surtout pour assurer l’observance par la suite ». Il est nécessaire de faire des programmes d’accompagnement pour pouvoir aider l’individu à accepter son nouveau statut de malade, comme le font certaines cliniques à l’étranger.

Le corps médical n’est pas assez formé pour accompagner ses patients

Kevin Dolgin présente alors trois propositions principales qui sont un mélange de sociologie, psychologie et médecine, parmi toutes les préconisations du livre blanc. La première est la création de l’observatoire de l’observance. « Il faut montrer aux autorités que c’est un sujet important où on peut avoir un grand impact contre la non-observance. Mais d’abord il faut la comprendre dans un contexte français car (…) il y a  un élément qui culturel qui est extrêmement important ».

L’aspect psychologique est aussi au cœur de leur réflexion. Il faut du temps : « ce n’est pas juste dire vous prenez ça et ça au petit déjeuner, ce n’est pas suffisant ». Les médecins doivent être formés sur le phénomène de non-observance qu’ils sous-estiment largement. Il est nécessaire, toujours selon le président d’Observia « qu’ils sachent comment estimer le risque de non observance de leur patient, les raisons et avoir le discours nécessaire ».

Il insiste également sur les effets secondaires des traitements. « Souvent les professionnels de la santé et les industriels ont tendance à ne pas vouloir parler des effets secondaires, qui ne sont pas forcément dangereux, par peur que la personne ne veuille pas initier le traitement mais en réalité c’est l’inverse. » regrette Kevin Dolgin. Non informée, la personne se demandera par exemple pourquoi des nausées apparaissent, et pensera que ce n’est pas normal. 

Ce livre blanc doit encore être étudié par les autorités sanitaires. De simples gestes peuvent éviter ces milliers de morts. Un hôpital à Marseille envoie par exemple des sms à leurs patients, pour qu’ils prennent leurs médicaments. Il faut que les français prennent conscience des perspectives immenses que proposent la e-sante, et que la prise en charge peut se faire à distance, à condition qu’elle soit efficace.

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L'auteur
Clémentine Billé

Bio

Clémentine Billé est rédactrice, spécialisée dans les questions sociétales relatives à la santé.Voir plus

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