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Cancer du sein : la double mastectomie n'améliore pas les chances de survie

Rédigé par , le 04 septembre 2014 à 17h35

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cancer ; mastectomie ; guérison

Selon une étude américaine paru dans le dernier numéro du Journal of the American Medical Association (JAMA), les chances de survie après une double mastectomie ne sont pas plus élevées qu'après une simple mastectomie ou une ablation des tissus cancéreux.

Une étude pionnière dans la comparaison des taux de survie

En 2012, 6,3 millions de femmes vivaient avec un cancer du sein. Et selon les épidémiologistes, une femme sur huit sera confrontée à un cancer du sein au cours de sa vie. La bonne connaissance des traitements concernés paraît donc essentielle. L'étude menée par Allison Kurian de l'Université Stanford (Californie), et publiée dans le JAMA casse les idées reçues concernant le traitement du cancer du sein. Menée sur 189 734 femmes californiennes ayant développé un cancer du sein entre 1998 et 2011, l'étude avait pour but de comparer les conséquences des trois principales interventions chirurgicales réalisées dans ce cas-là (double mastectomie, simple mastectomie et l'ablation des tissus cancéreux accompagnée de radiothérapie), et de vérifier si le choix de plus en plus important des femmes, de se faire retirer les deux seins quand un seul avait été atteint, était une bonne décision.

Bien que sur la totalité de la période de l'étude, elles n'aient été que 6,8 % à choisir de se faire enlever les deux seins (contre 55 % pour l'ablation et 38,8 % pour le retrait d'un seul sein), le pourcentage de femmes à faire ce choix a augmenté de 10 points entre 1998 et 2011, passant de 2 % à 12 %. De plus, les chiffres de la mortalité 10 ans après l'intervention chirurgicale sont très proches les uns des autres : 16,8 % pour l'ablation des tissus cancéreux, 18,8 % pour l'ablation unilatérale et 20 % pour l'ablation bilatérale. Pourtant, le nombre de femmes se tournant vers une double mastectomie ne cesse de grimper. Aux Etats Unis, ce nombre a été multiplié par 10 en 10 ans.

Un message qui doit participer à la bonne décision face à la maladie

Il faut d?velopper la pr?vention, selon l'HASCette étude doit faire prendre conscience aux femmes qu'une opération aussi lourde que la double mastectomie n'est pas une une obligation ou une garantie à leur guérison définitive, une autre tumeur pouvant très bien se développer ailleurs. Le chirurgien Steven Colpaert, attaché à la clinique du sein AZ Monica d'Anvers, a ainsi déclaré dans une interview au Die Morgen : « [les femmes] raisonnent de la sorte: plus l'intervention sera radicale, plus elles auront des chances de s'en sortir en supputant qu'une ablation augmentera leur espérance de vie. Nous devons leur enlever cela de la tête. Nous avons de bonnes raisons de proposer une opération qui épargne les seins ». De plus, le risque de rémission dans un autre sein est si faible que l'opération ne se justifie pas, selon Colpaert. Et les désavantages de la mastectomie ne sont pas négligeables : problèmes pratiques, psychologiques, perte de confiance en soi. Le processus de reconstruction est, quand à lui, très long et pénible (risque d'infection, plaies qui guérissent mal). Pour l'oncologue, Sevilay Altintas (UZ Antwerpen), ce sont les facteurs biologiques (agressivité, (in)visibilité) de la tumeur qui aideront à déterminer la bonne opération à choisir.

Développer la prévention

L'étude nuance tout de même ces propos. A titre préventif , la double mastectomie peut être extrêmement bénéfique dans le cas des femmes porteuses d'une mutation d'un gène BRCA1 ou BRCA2. Après opération, le risque de développement d'un cancer passe de 85% à 5 %. Ce phénomène est devenu très connu suite la déclaration d'Angelina Jolie de se faire enlever les deux seins à cause de ce gène défectueux.

Dans tous les cas, la prévention doit être une priorité, car plus un cancer est décelé tôt, plus les chances de survie sont élevées. La Haute Autorité de Santé plaide ainsi « pour que le dépistage organisé devienne progressivement la modalité unique de dépistage du cancer du sein pour les femmes de 50 à 74 ans. »

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L'auteur
Laure Hanggi

Laure Hanggi

Rédactrice

Bio

Etudiante en histoire passionnée d'actualité en général et notamment des questions de santé moderne, en tant qu'enjeux de société. Voir plus

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