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Une consommation excessive de cannabis endommagerait le circuit cérébral du plaisir

Rédigé par , le 23 July 2014 à 15h51

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En analysant leur activité cérébrale, des chercheurs américains ont constaté une diminution du plaisir chez de gros consommateurs de marijuana, suggérant une altération de leurs centres nerveux associés au plaisir. 

L’étude a été menée sur 24 fumeurs de cannabis consommant en moyenne cinq joints par jour, cinq jours par semaine et ce depuis 10 ans au moins ; le groupe contrôle étant composé de 24 personnes non-fumeurs.

Une altération du système dopaminergique

Les chercheurs ont administré aux deux groupes du méthylphenidate, une substance chimique qui stimule la libération massive de dopamine dans le cerveau. La dopamine est un messager chimique impliquée dans la sensation de plaisir. Elle joue donc un rôle essentiel dans le circuit de la récompense : l’arrivée d’un signal annonçant une récompense (le THC par exemple, principale molécule active du cannabis), libère de la dopamine dans différentes régions du cerveau, provoquant un comportement gratifiant qui fournit une motivation nécessaire pour une nouvelle recherche de récompense.

Fait intéressant : la dopamine libérée suite à l’administration du méthylphenidate ne déclenchait, chez le consommateur de marijuana, aucune  réaction physiologique au plaisir. Ainsi contrairement aux non-fumeurs, aucune augmentation de la fréquence cardiaque ou de la pression artérielle n’a été observée. En clair, les consommateurs de cannabis ne percevaient pas les effets de la dopamine pourtant libérée en grande quantité après absorption du méthylphenidate.

Des hypothèses pour tenter d’expliquer ce phénomène

Il semble que, à long terme, le cannabis ait pour effet une baisse de plaisir chez ses consommateurs les plus réguliers. Ceci expliquerait sans doute le caractère dépendant de ce psychotrope : les gros consommateurs fumeraient précisément parce que leur capacité à ressentir du plaisir s’est affaiblie à cause du cannabis. On connait l’impact de ce psychotrope sur la santé mentale et ses corrélations avec la dépression, l’anxiété ou encore l’irritabilité. Reste à savoir si ces émotions négatives sont une condition préexistante à la baisse du plaisir ressentie par les gros consommateurs de cannabis, ou si, à l’inverse, c’est la baisse du plaisir elle-même qui provoque les troubles mentaux qui lui sont associés.

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L'auteur
Marie Penavayre

Marie Penavayre

Rédactrice

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