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Hyperandrogénie, des athlètes avec trop de testostérone

Rédigé par , le 14 mai 2019 à 11h52

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Sport et dérèglement hormonal

Sport et dérèglement hormonal

Dans un souci d’équité, l’IAAF ou Fédération internationale d’athlétisme impose aux athlètes féminins qui présentent une hyperandrogénie de faire baisser leur taux de testostérone. Celle-ci se caractérise par un excès d’hormones sexuelles mâles. Sécrétant naturellement un taux élevé de testostérone, ces athlètes auraient des avantages inéquitables sur leurs concurrentes.

Un nouveau règlement de compétition objet de polémique

Star du 800 mètres féminin, la Sud-Africaine Caster Semenya a engagé une bataille juridique contre la Fédération internationale d’athlétisme. Souffrant elle-même d’une hyperandrogénie, elle s’oppose à ces nouvelles règles. En effet, pour être éligible aux épreuves internationales allant du 400 mètres au mile, une athlète féminine devrait ramener son taux de testostérone en dessous de 5 nmol/l de sang.

Afin de justifier sa décision, l’IAAF s’appuie sur une étude publiée dans le British Journal of Sports Medecine en 2017. Les résultats ont démontré que les athlètes féminins aux plus hauts taux de testostérone réalisent de meilleures performances dans différentes disciplines comme le 800 mètres, la perche, etc. Par contre, aucune différence significative n’est constatée sur les épreuves de sprint.

Caster Semenya a déposé un recours auprès du Tribunal Arbitral du Sport. Si ce règlement de la Fédération internationale d’athlétisme, en vigueur depuis le 8 mai dernier, est jugé comme « discriminatoire », le TAS l’a quand même validé afin de préserver l’intégrité de l’athlétisme féminin. Toutefois, de sérieuses préoccupations ont été émises sur son application.

De nombreux points de discorde à l’origine de la polémique

Le Pr Philippe Touraine, endocrinologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, estime que remettre les femmes à niveau d’un point de vue hormonal relève d’un faux débat. Pour cause, il existe des formes variées d’hyperandrogénie qui ne se valent pas. L’IAAF risque de mettre dans la même catégorie les athlètes souffrant de problème d’ovaires polykistiques, les athlètes intersexes, etc.

Membre de la Société française d’endocrinologie, le Dr François Moreau explique que le cas de Caster Semenya est plus compliqué qu’il n’y parait. Sur le plan génétique, l’athlète Sud-Africaine possède tous les outils pour être un homme. Néanmoins, des différences profondes peuvent exister entre le phénotype, l’apparence, et le génotype, qui est porté par les gènes.

Quant à la puissante Association médicale mondiale, elle soulève des questions éthiques et se positionne clairement contre cette règle de la Fédération internationale d’athlétisme. D’autres athlètes présentent des singularités génétiques sans être inquiétés, et sont même admirés. De plus, un traitement hormonal pour diminuer les conditions normales dans le corps des athlètes hyperandrogènes n’est jamais sans risque.

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