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Crise des urgences, des services à bout de souffle

Rédigé par , le 11 juin 2019 à 15h15

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Les services d'urgences à l'arrêt.

Les services d'urgences à l'arrêt.

La crise des urgences en France continue de prendre de l’ampleur. Et l’annonce des mesures d’urgence par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, pour y faire face ne semble pas atténuer les tensions. Le 6 juin dernier, 84 services se sont mis en grève contre 62 le 20 mai.

La conséquence de plusieurs décennies d’inaction politique

La congestion des services d’urgences ne date pas d’hier. Certes, par définition, les urgences sont des services en tension. En temps normal, cette tension varie selon les périodes. Elle est toutefois devenue le lot quotidien des urgentistes. En 20 ans, le nombre de fréquentations des services d’urgences a doublé. Or, ni les effectifs ni les moyens disponibles n’ont doublé sur la même période.

En parallèle de cette hausse significative du taux de fréquentation des services d’urgences, le nombre de lits d’hospitalisation a diminué, ce qui réduit encore plus les solutions et contribue à encombrer les urgences. En 2018, les urgentistes du Syndicat Samu-Urgences de France ont même lancé le No Bed Challenge pour dénoncer le calvaire des patients.

Les proportions prises par le mouvement de grève actuel traduisent la gravité de la situation. Auparavant, même si les soignants ont fait grève, ils ont toujours continué à travailler. Cette fois, à bout de souffle, de nombreux professionnels se sont mis en arrêt maladie. Cette modalité d’action montre qu’un seuil a été franchi en dépit des critiques d’Agnès Buzyn.

Une crise indissociable des difficultés financières des hôpitaux

Le malaise actuel qui affecte les services d’urgences est symptomatique de celui de l’hôpital public et plus globalement, du système de santé en France. Pour des raisons de coût, l’hôpital est contraint d’adopter une vision managériale à dominance économique et budgétaire. Celle-ci est diamétralement opposée à la vision médicale. Le volume de soins réalisés est devenu la priorité au détriment de la qualité.

Dans les années 2000, les établissements hospitaliers ont beaucoup investi dans la rénovation. L’Etat n’ayant pas souhaité investir les montants nécessaires, les hôpitaux ont choisi les prêts à taux faible afin de financer les travaux et les partenariats public-privé. Ces solutions à court terme ont fait passer leurs dettes de 9 milliards à 30 milliards d’euros.

Pierre-Louis Bras, inspecteur général des affaires sociales, recommande une augmentation du personnel et du nombre de lits d’aval pour désencombrer les services d’urgences. Par ailleurs, pour mieux cerner les véritables besoins, la priorité doit être donnée aux acteurs de terrain, et non à leurs représentants institutionnels ou aux experts en économie de la santé.

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