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Parkinson : l’hypersexualité comme effets secondaires du traitement

Rédigé par , le 29 July 2015 à 11h43

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L-dopa : le traitement contre la maladie de Parkinson

L-dopa : le traitement contre la maladie de Parkinson

C’est d’un mal bien particulier dont souffrent les malades de la Parkinson, les effets secondaires du traitement provoqueraient, en effet, une hypersexualité accrue. Pour en avoir le cœur net et pour briser les tabous, le Dr Pierre Grandgenèvre, psychiatre au CHRU de Lille a mené son enquête.

Plusieurs épouses violées à cause de l’hypersexualité provoquée par le traitement

L’hypersexualité chez les malades de Parkinson vient enfin d’être dévoilée. Particulièrement tabou, ce phénomène d’effets secondaires produits par le traitement a été longuement évoqué dans la revue La Presse médicale en mars 2015. Le Dr Pierre Grandgenèvre, psychiatre au CHRU de Lille a écouté plusieurs malades afin de mieux comprendre les conséquences psychologiques de ce traitement. Au total, ce sont sept patients qui se sont rendus au service de neurologie en présence de leurs compagnes afin de lever le voile sur cette modification du comportement.

Ce sont d’ailleurs les épouses de ces malades qui souffrent le plus de ces effets secondaires : « Nous avions sous-estimé son impact pour l’épouse ! précise le psychiatre, Probablement du fait que ce changement est généralement minimisé voire nié par le patient ». Pourtant, les conséquences pour ces femmes sont souvent redoutables. Françoise, mariée depuis 47 ans à un malade de 69 ans explique que son mari « dormait avec un couteau au milieu du lit et s’en servait comme moyen de pression en menaçant de la tuer puis de se suicider si elle repoussait ses demandes » raconte le Dr Grandgenèvre. La femme a été violée à plusieurs reprises et s’était contrainte à s’enfermer pour se protéger. C’est également le cas de Romane « en perpétuel conflit avec son mari dont le comportement avait changé à la mise en route du traitement. Il était persuadé qu’elle le trompait parce qu’elle refusait ses demandes incessantes. La situation était devenue telle qu’elle le menaçait de porter plainte ».

Une molécule imitant la dopamine, responsable de l’hypersexualité

Bien que cette hypersexualité exacerbée  soit loin d’être une découverte pour les médecins, l’ampleur de ces effets secondaires inquiètent et questionnent. Les malades de la Parkinson présentant cette hypersexualité se situent entre 2.6 % et 7.2 %, mais Pierre Grandgenèvre soupçonne une sous-estimation des chiffres.

Il faut rappeler que la maladie de Parkinson est associée à la perte progressive des neurones dopaminergiques qui produisent la dopamine (un neurotransmetteur). Ainsi, le taux de dopamine chute dans des régions du cerveau où le contrôle des mouvements est concerné. Pour pallier ce déficit, les traitements s’engagent à apporter de la L-dopa, une molécule qui imite la dopamine dans le système nerveux. Sur le long terme, cette molécule entraîne des mouvements incontrôlés, ce qui expliquerait les pulsions sexuelles des patients, en revanche la dose administrée ne rentre pas en compte. L’hypersexualité n’est pas le seul comportement provoqué par le traitement, on peut également citer l’addiction aux jeux d’argent, les achats compulsifs ou encore la boulimie.

Pour contrer les effets secondaires, une prise en charge est indispensable : « Il ne s’agit en aucun cas de diaboliser le traitement par agoniste dopaminergique qui apporte un réel bénéfice sur le plan moteur. Mais de traiter l’hypersexualité, parfois dans l’urgence » conseille le Pr Defebvre du Centre expert Parkinson du CHRU de Lille. La situation devient critique lorsque le désir sexuel est incontrôlable et envahit la vie familiale ou sociale du patient. En cas de danger significatif, le traitement peut même être arrêté durant un petit moment.

Bonnes nouvelles pour les femmes sous traitement anti Parkinson puisque ce trouble ne concerne qu’une très petite partie d’entre elles…

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L'auteur
Charlotte Canonne

Charlotte Canonne

Rédactrice

Bio

Passionnée de journalisme et de littérature Charlotte a rejoint le journal d'Allo-Médecins en janvier 2015.Voir plus

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